Définir la Joie

Sa première caractéristique est d’être gratuite ; elle existe en soi. Sans autre raison qu’elle-même.

André Gide disait : « On appelle bonheur un concours de circonstances qui permet la joie. Mais on appelle joie cet état de l’être qui n’a besoin de rien pour se sentir heureux ».

Le plaisir, la jouissance, la gaîté, le rire et même le bonheur, s’ils sont cousins de la joie et l’accompagnent volontiers ont tous besoin, pris isolément d’un motif extérieur. Par exemple : « C’est le printemps, je suis  gai ». Quant au bonheur, il se nourrit de satisfactions diverses.

La vraie joie elle est pure joie de vivre, joie d’être. Elle peut se signaler par un rire, un sourire ou être intériorisée et prendre les couleurs de la sérénité ou de l’émerveillement, se manifestant par la brillance du regard.

Le feu de la joie se situe à l’intérieur de nous.

La 2ème caractéristique de la joie est d’être entière. La joie implique corps, esprit et âme, sinon elle est fausse, elle est fabriquée. En cas de dépression, on peut avoir un sourire furtif, un plaisir aussi, mais la vraie joie n’est pas possible. La dépression tue la joie. Je crois qu’il existe des personnes plus proches de la joie que d’autres qui peuvent être plus mélancoliques ou sujets à l’anxiété.

Alors, dans la manière de définir cette joie, on peut dire que c’est se sentir participer au vivant.  Mais comme dit Marie Romanens : « c’est un mouvement intense… que nous combattons inconsciemment en déployant toutes sortes de stratégies pour rester dans la souffrance et ne pas accéder à cet état d’être… et nous avons des capacités pour nous ouvrir à la joie, mais nous lui résistons : au fond, nous sommes très attachés à la souffrance ». Se révèle ainsi la peur d’aller vers l’inconnu.

Pour Comte Sponville, la vision de la joie, « c’est un mouvement vers une plus grande perfection », et cela est possible pour tout être.

Vers quelle pratique pour que cette joie advienne et qu’elle aille vers la félicité (ananda).

Vivre le moment présent, pratiquer le hatha yoga, l’assise silencieuse pour tenter de quitter le faire, le paraître et rejoindre l’être de joie.

 

Quels en sont les obstacles :

Les obstacles à la joie qui apparaissent dans l’existence, obstacles à la conscience et au discernement : ce sont notamment la colère, la somnolence, l’agitation,  le doute (même si celui-ci peut être fécond à certains moments), et parfois le désir.

Dans l’assise, nous pouvons nommer les obstacles (colère…), et observer comment le corps réagit (des tensions peuvent apparaître).  On peut aussi répéter le nom de l’obstacle plusieurs fois pour qu’il disparaisse.

Kabir disait : « Notre mental s’accroche à ses blessures ou à ses peurs alors même qu’une autre partie de nous même est sage. »

Et Eckhart Tolle : « La cause première du malheur n’est jamais la situation, mais toujours les pensées qui concernent celle-ci ». Et « La pensée n’est qu’un infime aspect de la totalité de la conscience, de la totalité de ce que vous êtes. »

Quelques précisions sur désir et plaisir :

Il n’y a aucun mal à apprécier des choses agréables. Le plaisir est une chose merveilleuse ; mais le mental insatisfait veut s’en emparer.

Le désir peut-être douloureux, il peut comprendre l’avidité ,la cupidité, les sentiments d’infériorité et de manque.

Mais le désir peut-être habile quand il procède d’une volonté d’agir et s’il est suscité par l’Amour, la Vitalité et la Compassion.

La souffrance s’atténuant, la joie apparaît : Nous pouvons parler d’une renaissance. Et comme dit Swami Prajnanpad, le maître d’Arnaud Desjardins « Il n’est pas nécessaire de mourir pour renaître » .

Et le poète indien Ghalib : « Pour la goutte d’eau de pluie, la joie consiste à s’immerger dans la rivière… Chemine suffisamment loin de la souffrance, et les larmes se transformeront en soupir.   Lorsqu’après une forte pluie, les nuages se dispersent, N’est-ce pas parce qu’ils ont pleuré toutes leurs larmes ? »

Pour continuer à nous transformer, ouvrir notre cœur et notre esprit pour aller vers la pleine conscience et la joie d’être.

 

A propos

Jeannot, enseignant de yoga (formation André Van Lysebeth), affilié à la FIDHY (fédération inter-enseignements de hatha-yoga)